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Kilos émotionnels : et si vous n'aviez pas seulement faim de nourriture ?

  • il y a 1 jour
  • 6 min de lecture

Lorsqu'il est question de poids, les conseils ne manquent pas. Régimes, jeûne intermittent, rééquilibrage alimentaire, comptage des calories, détox… les informations sont nombreuses et parfois contradictoires.


Beaucoup de personnes essaient différentes approches avec sérieux et bonne volonté, sans toujours obtenir les résultats espérés sur le long terme.


Bien sûr, le poids dépend de nombreux facteurs physiologiques : alimentation, hormones, sommeil, activité physique, stress ou encore microbiote. Mais l'être humain ne mange pas uniquement pour répondre à un besoin énergétique. Nous mangeons aussi pour nous réconforter, nous apaiser, partager, célébrer ou parfois combler un manque plus profond.


C'est dans ce contexte que l'on parle de « kilos émotionnels ». Non pas parce que les émotions se transformeraient directement en graisse, mais parce qu'elles peuvent influencer notre relation à la nourriture et à notre corps.


Et si, derrière certaines envies de manger, se cachaient différentes formes de faim que nous avons appris à confondre ?


kilos émotionnels

Sommaire :


Le poids : une fonction d'adaptation plus qu'un simple problème


Le corps n'agit jamais contre nous. Même lorsque certaines habitudes semblent nous desservir, elles ont souvent été, à un moment donné, une stratégie d'adaptation.


La nourriture peut devenir :

  • une source de réconfort ;

  • une récompense ;

  • une distraction ;

  • un moyen d'apaiser le stress ;

  • une façon de combler un vide intérieur.


Dans certains cas, le surpoids peut également être associé à un besoin inconscient de protection ou de sécurité. Plutôt que de considérer les kilos comme un ennemi à combattre, il peut être utile de se demander : « Quelle fonction remplissent-ils aujourd'hui dans ma vie ? »


Les quatre fonctions émotionnelles les plus fréquemment rencontrées


1. Se protéger

Certaines personnes décrivent la sensation d'être plus en sécurité lorsqu'elles sont plus corpulentes. Cette protection peut être symbolique ou inconsciente.


Elle apparaît parfois après :

  • un harcèlement ;

  • une rupture difficile ;

  • une période d'insécurité ;

  • un traumatisme relationnel ;

  • des violences physiques ou psychologiques.

Le corps semble alors chercher à créer une forme de distance avec le monde extérieur.


2. Se consoler

La nourriture active les circuits cérébraux du plaisir et de la récompense. Lorsqu'une personne souffre de solitude, de tristesse, de frustration ou d'épuisement émotionnel, manger peut temporairement apporter :

  • de l'apaisement ;

  • du réconfort ;

  • une sensation de sécurité.

Le problème n'est pas la nourriture elle-même, mais le fait qu'elle devienne parfois l'unique réponse à une souffrance émotionnelle.


3. Se rendre invisible

Chez certaines personnes, notamment après des expériences de rejet, d'humiliation ou de sexualisation précoce, le poids peut devenir inconsciemment une manière de passer inaperçu.

La personne souhaite être reconnue, mais redoute simultanément le regard des autres. Cette ambivalence peut créer un conflit intérieur difficile à identifier.


4. Porter une histoire non digérée

Les deuils, les séparations, les traumatismes ou certaines blessures anciennes peuvent laisser une empreinte durable. Bien sûr, les émotions ne se stockent pas dans les cellules graisseuses. En revanche, lorsqu'elles ne sont ni reconnues ni exprimées, elles peuvent influencer durablement le stress, le sommeil, les comportements alimentaires et la relation au corps. Le poids devient alors parfois le reflet d'une histoire qui n'a pas encore trouvé sa résolution.


Une grille de lecture utile : les quatre formes de faim


Au cours des accompagnements, il est souvent intéressant de distinguer quatre formes de faim.


1. La faim physiologique

C'est la faim du corps. Elle apparaît progressivement et s'accompagne de signaux physiques :

  • creux dans l'estomac ;

  • baisse d'énergie ;

  • sensation de vide ;

  • irritabilité liée au manque de nourriture.

Cette faim répond à un besoin biologique réel.


2. La faim émotionnelle

Elle apparaît souvent brutalement. Elle est généralement déclenchée par :

  • le stress ;

  • la tristesse ;

  • l'ennui ;

  • l'anxiété ;

  • la colère.

Elle pousse fréquemment vers des aliments très spécifiques, souvent riches en sucre ou en gras. Son objectif principal n'est pas de nourrir le corps, mais de réguler une émotion.


3. La faim relationnelle

L'être humain est un être de lien. Certaines envies alimentaires apparaissent davantage lorsque nous nous sentons :

  • seuls ;

  • incompris ;

  • rejetés ;

  • insuffisamment reconnus.

Dans ce cas, ce n'est pas forcément de nourriture dont nous manquons, mais de connexion humaine.


4. La faim existentielle

C'est probablement la plus méconnue. Elle apparaît lorsqu'une personne ressent :

  • un vide intérieur ;

  • une perte de sens ;

  • un manque d'élan ;

  • l'impression de vivre en pilote automatique.

La nourriture tente alors parfois de combler ce qui relève en réalité d'un besoin de direction, d'accomplissement ou d'alignement avec ses valeurs profondes.


L'importance d'une approche globale


Réduire le surpoids à une question de volonté ou de nombre de calories, est aujourd'hui scientifiquement dépassé. Les recherches montrent que le poids résulte d'interactions complexes entre :

  • la physiologie ;

  • les hormones ;

  • le système nerveux ;

  • le sommeil ;

  • le stress ;

  • les habitudes de vie ;

  • les expériences émotionnelles ;

  • l'environnement social.

Une prise en charge efficace nécessite donc une vision globale de la personne. Car derrière une difficulté à perdre du poids se cache parfois moins un problème alimentaire qu'un besoin de sécurité, de réconfort, de lien ou de sens.


En conclusion


Plus j'accompagne de personnes, plus je constate que derrière certaines difficultés liées au poids se cachent parfois des besoins profonds qui n'ont rien à voir avec la nourriture : un besoin de sécurité, de réconfort, de reconnaissance, de lien ou de sens. C'est précisément ce que nous invite à explorer la grille des quatre formes de faim. Car avant de chercher à contrôler ce que nous mangeons, il peut être précieux de se demander ce que nous cherchons réellement à nourrir.


Avant de se demander : « Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à perdre ces kilos ? », il peut être plus fécond de s'interroger : « De quelle faim ai-je réellement besoin de prendre soin aujourd'hui ? ». Car lorsque le besoin véritable est identifié, le changement devient souvent plus doux, plus durable et plus respectueux du fonctionnement profond de la personne.



En résumé


  • Le poids ne dépend pas uniquement de l'alimentation, mais aussi de facteurs physiologiques, émotionnels et relationnels.

  • Les « kilos émotionnels » ne sont pas causés directement par les émotions, mais celles-ci peuvent influencer notre rapport à la nourriture et nos comportements alimentaires.

  • Nous ne mangeons pas toujours pour répondre à une faim physique.

  • Il existe différentes formes de faim : physiologique, émotionnelle, relationnelle et existentielle.

  • Certaines blessures affectives, certains manques relationnels ou certaines périodes de stress peuvent nous amener à chercher dans la nourriture ce dont nous avons réellement besoin ailleurs.

  • Apprendre à reconnaître la nature de sa faim permet de répondre plus justement à ses besoins et de développer une relation plus apaisée avec l'alimentation.

  • Derrière une envie de manger peut parfois se cacher un besoin de réconfort, de sécurité, de reconnaissance, de lien ou de sens.


La question à retenir :

Avant de chercher quoi manger, et si nous prenions quelques instants pour nous demander de quoi nous avons réellement faim ?

Pour aller plus loin

Les kilos émotionnels sont un sujet complexe qui se situe à la croisée de la nutrition, de la psychologie, de l'histoire de vie et de notre relation aux émotions. Si vous souhaitez approfondir cette réflexion, voici deux ressources que je trouve particulièrement intéressantes.

Une lecture inspirante

Psychiatre et psychothérapeute, Stéphane Clerget explore les liens entre émotions, comportements alimentaires et prise de poids. Son approche rappelle que les fluctuations de poids ne relèvent pas uniquement de l'alimentation, mais peuvent également être influencées par notre vécu émotionnel, notre stress et nos mécanismes de compensation.


Un podcast à découvrir

À travers des épisodes courts et concrets, Johanne Averdy aborde l'alimentation émotionnelle, les compulsions alimentaires, les blessures émotionnelles, la charge mentale et les comportements de compensation avec beaucoup de pédagogie.


Naturopathe Mervent

Virginie Bazin

Naturopathe spécialisée dans l'accompagnement des femmes en préménopause et ménopause, praticienne AIT (Thérapie Intégrative Avancée), soins vibratoires, en Vendée (cabinet à Mervent) et en visio, autrice du livre "Le corps se souvient".

 
 
 

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