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Pourquoi est-il parfois si difficile de se sentir en sécurité ?

  • 15 juin
  • 4 min de lecture

Certaines personnes vivent dans un environnement objectivement sécurisant, sont bien entourées, disposent d'un toit, d'un travail et de relations stables… et pourtant, au fond d'elles, quelque chose reste constamment en alerte. Comme si le corps ne parvenait jamais complètement à se détendre. Comme si une partie de soi restait sur ses gardes.


Cette sensation peut se manifester de différentes façons : difficulté à lâcher prise, besoin de tout contrôler, anxiété diffuse, hypervigilance, peur du rejet, tensions physiques ou encore impression de ne jamais pouvoir réellement se reposer.


Avec le temps, cette mobilisation permanente peut devenir extrêmement coûteuse pour l'organisme. Beaucoup de personnes vivent alors avec une fatigue profonde, parfois difficile à expliquer. Comme si leur corps restait constamment en activité, même lorsqu'elles essaient de se détendre. Car rester sur ses gardes demande énormément d'énergie.


Alors pourquoi est-il parfois si difficile de se sentir en sécurité ?


pourquoi se sentir en sécurité est si difficile ?

La sécurité ne dépend pas uniquement de l'environnement


Nous avons souvent tendance à penser que la sécurité dépend principalement de ce qui nous entoure. Pourtant, il arrive que deux personnes vivant dans des conditions similaires ressentent un niveau de sécurité intérieure très différent.


La raison est simple : le sentiment de sécurité ne se construit pas uniquement à l'extérieur de nous. Il dépend aussi de la façon dont notre système nerveux perçoit le monde. En permanence, le corps évalue son environnement. Sans même que nous en ayons conscience, il cherche à répondre à une question essentielle : « Suis-je en sécurité ? »


Lorsque la réponse est positive, le corps peut se détendre, récupérer, créer du lien et explorer.

Lorsque la réponse est incertaine, il mobilise ses mécanismes de protection.


Quand le corps apprend à rester vigilant


Le système nerveux est remarquablement adaptable. Au fil de notre histoire, il apprend à reconnaître ce qui lui semble sûr ou menaçant. Certaines expériences peuvent l'amener à développer une vigilance accrue. Il ne s'agit pas forcément de grands traumatismes.


Parfois, une accumulation de situations stressantes, imprévisibles ou émotionnellement difficiles suffit à maintenir le corps dans une forme d'alerte discrète mais constante. Avec le temps, cette vigilance peut devenir automatique. Le corps continue alors à fonctionner comme si le danger pouvait réapparaître à tout moment.


Les signes d'un manque de sécurité intérieure


Lorsque le système nerveux reste mobilisé, différents signes peuvent apparaître :

  • difficulté à se détendre ;

  • besoin de tout anticiper ;

  • fatigue nerveuse ;

  • réactions émotionnelles intenses ;

  • tensions musculaires ;

  • sensation de toujours devoir être fort ou forte ;

  • difficulté à faire confiance ;

  • impression de ne jamais être complètement en paix.


Ces réactions ne sont pas des défauts de caractère. Elles sont souvent des tentatives du corps pour préserver un sentiment de sécurité.


Les mécanismes de protection : des gardiens bien intentionnés


Lorsque nous prenons conscience de certains mécanismes comme l'hypervigilance, le besoin de contrôle ou la difficulté à faire confiance, nous avons parfois tendance à les considérer comme des problèmes à éliminer. Pourtant, ces réactions ne sont pas apparues par hasard.


J'aime les imaginer comme des gardiens. Des gardiens qui, à un moment de notre histoire, ont appris à rester vigilants pour nous protéger. Ils ont fait de leur mieux avec les informations dont ils disposaient. Et bien souvent, ils ont joué un rôle essentiel. Sans eux, certaines périodes de notre vie auraient peut-être été beaucoup plus difficiles à traverser. Le problème n'est donc pas leur existence.


Le problème est qu'ils continuent parfois leur mission longtemps après que le danger a disparu. Comme tout gardien consciencieux, ils préfèrent rester à leur poste plutôt que de prendre le risque de nous voir souffrir à nouveau. C'est pourquoi il est rarement utile de lutter contre eux ou de chercher à les faire disparaître à tout prix.


Il est souvent plus aidant de les comprendre, de reconnaître leur intention protectrice et d'aider progressivement le corps à découvrir qu'il peut aujourd'hui se sentir davantage en sécurité.


Retrouver progressivement un sentiment de sécurité


La sécurité intérieure ne se décrète pas. Elle se construit progressivement. Souvent, le premier pas consiste simplement à comprendre que certaines réactions ne sont pas des signes de faiblesse, mais des mécanismes de protection.


Lorsque nous apprenons à écouter le corps avec davantage de douceur et de curiosité, celui-ci peut peu à peu relâcher une partie de sa vigilance. Il découvre alors qu'il n'a plus besoin d'être constamment sur ses gardes.


Retrouver un sentiment de sécurité intérieure est rarement un événement soudain. C'est plutôt un chemin fait de petites expériences répétées qui permettent au système nerveux d'apprendre qu'il peut, enfin, se sentir en sécurité.


Enfin, il peut être intéressant de remonter aux origines de ce fonctionnement, pour libérer le corps de ses mécanismes de survie. Ce qui est possible en thérapie par exemple.


Aller plus loin


Si cette réflexion résonne en vous, vous pouvez également lire mon article :


J'explore également ces thématiques dans mon livre Le corps se souvient, une approche douce du trauma et de la sécurité intérieure et en séance AIT.


Virginie Bazin, naturopathe

Virginie Bazin

Naturopathe spécialisée dans l'accompagnement des femmes en préménopause et ménopause, en thérapie AIT (Thérapie Intégrative Avancée, pour se libérer des blocages inconscients), et soins vibratoires, en Vendée (cabinet à Mervent) et en visio. Autrice du livre "Le corps se souvient".

 
 
 

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