Ménopause : pourquoi votre terrain change et comment bien l’accompagner
La ménopause est une période de transition. Les hormones changent, bien sûr mais ces changements ne restent pas cantonnés au cycle menstruel.
Ils modifient progressivement le contexte dans lequel notre organisme fonctionne. Sommeil, énergie, récupération, composition corporel, états émotionnels, santé osseuse et cardiovasculaire… notre équilibre général peut évoluer lui aussi.
En naturopathie, on parle de terrain.
Alors, qu’est-ce que ce terme signifie réellement et pourquoi les naturopathes lui donnent-ils tant d'importance ? Pourquoi le terrain évolue-t-il autour de la ménopause ? Et surtout, comment peut-on l’accompagner au mieux ?

Sommaire :
Le terrain, qu’est-ce que c’est ?
En naturopathie, le terrain désigne l’état global de l’organisme d’une personne à un moment donné.
Il représente en quelque sorte le contexte dans lequel notre organisme évolue : son équilibre, ses forces, ses fragilités, sa capacité d’adaptation et les différentes influences auxquelles il est soumis.
Et surtout, le terrain n’est pas figé.
Il évolue au cours de la vie, et peut être différent à 20 ans, à 40 ans, à 50 ans ou quelques années plus tard. Il peut aussi se modifier à la suite d’une période de stress, d’un changement de rythme de vie, d’une maladie, d’une grossesse, d’un bouleversement hormonal ou simplement avec l’avancée en âge.
C’est cette notion d’état global et évolutif qui est particulièrement intéressante lorsqu’on parle de ménopause.
Pourquoi les naturopathes accordent-ils autant d’importance au terrain ?
Parce qu’en naturopathie, on considère qu’on ne peut pas comprendre pleinement une manifestation en la regardant isolément. Un symptôme apparaît toujours sur un terrain.
Et ce terrain est propre à chacun. Il est le résultat d’une histoire, d’un fonctionnement biologique, d’un environnement et de multiples influences qui évoluent tout au long de la vie.
Il n’est donc ni immuable, ni identique d’une personne à l’autre.
C’est précisément ce qui rend la notion de terrain particulièrement intéressante lorsqu’on parle de ménopause : la transition hormonale vient s’inscrire dans un terrain qui, lui aussi, évolue.
Et c’est là que les choses deviennent vraiment intéressantes…

Quand le contexte change, le terrain évolue
Si le terrain n’est pas figé, c’est parce que notre organisme est en permanence en interaction avec ce qui l’entoure. Et autour de la ménopause, le contexte change sur plusieurs plans.
Bien sûr, il y a la transition hormonale. Mais elle ne se produit pas dans un organisme qui serait resté exactement le même depuis 20 ou 30 ans.
L’âge avance, le métabolisme évolue, la masse musculaire peut progressivement diminuer, le sommeil peut devenir plus fragile, le rythme de vie n’est plus forcément le même… Et parfois, les responsabilités professionnelles ou familiales, les périodes de stress ou certains événements de vie viennent également modifier l’équilibre général.
La ménopause arrive donc sur un terrain qui a déjà une histoire.
C’est cette combinaison qui rend chaque expérience différente.
Un changement hormonal dans un organisme qui évolue
La diminution progressive des hormones ovariennes constitue évidemment une pièce importante du puzzle.
Mais plutôt que de reprendre ici tout le détail des mécanismes hormonaux, je vous renvoie à mon précédent article consacré aux hormones de la ménopause, dans lequel je détaille le rôle des œstrogènes, de la progestérone et du cortisol et les grands bouleversements qui peuvent accompagner cette période.
Ici, ce qui nous intéresse davantage, c’est ce que ces changements peuvent entraîner dans l’équilibre global de l’organisme.
Par exemple, une modification du sommeil peut avoir des conséquences sur l’énergie et la récupération. Une diminution de l’activité physique peut favoriser la perte musculaire. Une perte musculaire peut elle-même modifier la composition corporelle et les besoins énergétiques. Tout est relié.
C’est précisément cette interdépendance qui justifie une approche globale du terrain.
Pourquoi avez-vous parfois l’impression que votre corps ne réagit plus comme avant ?
C’est souvent à ce moment-là que les femmes commencent à modifier leur alimentation, à supprimer certains aliments ou à multiplier les efforts physiques. Pourtant, la question n’est pas toujours : « Que dois-je supprimer ? » Elle peut être : « De quoi mon organisme a-t-il davantage besoin aujourd’hui ? »
C’est un changement de regard important. À cette période de la vie, l’objectif peut être moins de contrôler son corps que de mieux le soutenir.
Nourrir plutôt que restreindre
L’alimentation reste évidemment un élément essentiel du terrain. Mais si la composition corporelle évolue, la réponse n’est pas nécessairement de manger toujours moins. Il peut être beaucoup plus intéressant de porter attention à la qualité nutritionnelle globale de l’alimentation et notamment à l’apport en protéines, aux fibres, aux végétaux, aux sources de calcium et à la qualité des matières grasses.
L’objectif est de fournir à l’organisme ce dont il a besoin pour maintenir ses fonctions, ses muscles et ses os, tout en conservant une alimentation plaisante et suffisamment diversifiée.
La ménopause n’est pas le moment de déclarer la guerre à son assiette.
C’est plutôt le moment d’apprendre à mieux écouter ses besoins.
Remettre le muscle au centre
S’il y a un changement de perspective que j’aime particulièrement proposer autour de la ménopause, c’est celui-ci : ne pas faire du mouvement uniquement un outil pour perdre du poids. Le mouvement sert aussi à préserver ce que nous voulons conserver longtemps : notre force, notre masse musculaire, notre mobilité et notre autonomie.
La marche, l’endurance et le mouvement quotidien sont importants. Mais le renforcement musculaire mérite également une vraie place. Et il n’est jamais trop tard pour commencer.
Prendre soin de son sommeil
Le sommeil est lui aussi une pièce importante du puzzle. Les changements hormonaux peuvent favoriser les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, qui perturbent parfois fortement les nuits. Mais le sommeil peut également être influencé par le stress, les habitudes de vie, l’environnement ou simplement les changements qui accompagnent cette période.
Il est donc intéressant de travailler sur ce qui peut l’être : régularité des horaires, lumière naturelle le matin, activité physique adaptée, environnement favorable au sommeil, limitation des excitants et attention portée au rythme de la soirée.
Et lorsque les troubles deviennent importants ou persistants, il ne faut pas se contenter de « faire avec » : ils méritent d’être pris en charge.
Et l’état émotionnel ?
Là encore, il serait réducteur de tout attribuer aux hormones. Mais il serait tout aussi réducteur de faire comme si elles n’avaient aucun rôle. La ménopause peut correspondre à une période de nombreux changements physiques, familiaux, professionnels ou personnels. Le sommeil peut être perturbé, le corps peut changer, certaines femmes vivent des symptômes difficiles à supporter…
Tout cela peut influencer l’état émotionnel.
L’objectif n’est donc pas de chercher à tout contrôler, ni de considérer qu’il faudrait constamment « gérer son stress ». Il s’agit plutôt de créer davantage de conditions favorables à l’équilibre : du repos, du mouvement, des temps pour soi, des relations nourrissantes, une alimentation adaptée, du sommeil et, lorsque cela est nécessaire, un accompagnement psychologique.

Et les compléments alimentaires dans tout ça ?
C’est souvent la première question que l’on me pose lorsqu’on parle de naturopathie. Pourtant, je préfère commencer par les fondations.
Un complément alimentaire ne remplacera jamais un sommeil insuffisant, une alimentation déséquilibrée, l’absence de mouvement ou un manque chronique de récupération. Cela ne signifie pas que les plantes ou les compléments n’ont aucune place. Ils peuvent, dans certaines situations, être envisagés dans le cadre d’un accompagnement individualisé.
Mais « naturel » ne signifie pas automatiquement « sans risque ». Certaines plantes et certains compléments peuvent avoir des contre-indications ou interagir avec des médicaments.
Avant d’ajouter quelque chose, il est donc toujours intéressant de se demander ce que l’on peut déjà soutenir à la base.
Pourquoi certaines femmes ont-elles plus de symptômes ?
C’est une question qui revient souvent. Pourquoi certaines femmes traversent-elles la ménopause avec de nombreux symptômes alors que d’autres en ressentent très peu ? Il n’existe malheureusement pas une réponse unique.
La génétique peut jouer un rôle, tout comme les modifications liées à l’âge, l’état de santé, l’environnement, les habitudes de vie et l’histoire personnelle. Deux femmes qui traversent la même transition hormonale ne disposent pas nécessairement du même terrain.
On peut également avoir une vision encore plus globale et considérer que nous sommes porteuses de notre histoire : celle que nous avons vécue personnellement, mais aussi, selon certaines conceptions, celle de notre lignée familiale. On parle alors parfois de mémoires cellulaires ou transgénérationnelles.
Ces notions ne correspondent pas, à ce jour, à des mécanismes biologiques établis au même titre que la génétique ou l’épigénétique. Elles appartiennent à un autre niveau de lecture de l’être humain, notamment dans certaines approches énergétiques ou spirituelles.
Elles peuvent néanmoins ouvrir une réflexion intéressante sur notre rapport au corps, à notre histoire et à ce que nous recevons de nos lignées. Car nous ne sommes pas seulement un ensemble d’organes et d’hormones. Nous sommes aussi une histoire, une sensibilité, un vécu, un environnement et, pour celles qui adhèrent à ces approches, une dimension énergétique et transgénérationnelle.
C’est aussi pour cela qu’il est difficile de répondre simplement à la question :
« Pourquoi ai-je autant de symptômes alors que ma voisine, ma sœur ou mon amie en a si peu ? »
Il n’existe pas nécessairement une cause unique à trouver. Il y a souvent plusieurs pièces à regarder ensemble. Et c’est justement là que la notion de terrain prend tout son sens.
Accompagner son terrain plutôt que lutter contre son corps
La ménopause ne demande pas forcément de faire plus. Plus d'efforts. Plus de patience. Plus de privation. Elle demande parfois de faire autrement.
Mieux nourrir son organisme, préserver sa masse musculaire, soutenir son sommeil, respecter davantage ses besoins de récupération, prendre soin de son état émotionnel, être attentive à sa santé osseuse et cardiovasculaire, et accepter que certaines habitudes qui convenaient autrefois puissent avoir besoin d’être réajustées.
Accompagner son terrain, c’est finalement apprendre à écouter ce que son corps nous demande aujourd’hui, plutôt que de continuer à lui demander de fonctionner comme hier.
Pour vous accompagner

Virginie Bazin
Naturopathe spécialisée dans l'accompagnement des femmes en préménopause et ménopause, en thérapie AIT (Thérapie Intégrative Avancée, pour se libérer des blocages inconscients), et soins vibratoires, en Vendée (cabinet à Mervent) et en visio. Autrice du livre "Le corps se souvient".





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